« Ensemble, pour une nouvelle ambition »
Notre université et le «Pôle Enseignement Supérieur et de Recherche » dEvry sont à la croisée des chemins. Le contexte national et régional fragilise le développement de notre université. Les projets de loi sur la recherche, celui sur lécole, en sappuyant sur des pôles à forte compétitivité économique, risquent de marginaliser les pôles périphériques, les universités récentes comme la nôtre et les secteurs éducatifs en général les plus fragiles.
Dès maintenant, une forte concurrence se met en place entre les établissements denseignement supérieur et plus généralement du post-bac : nous subissons ainsi non seulement le poids des grandes universités voisines Paris XI et XII, Paris II à Melun, mais également le poids dune concurrence au cur même de notre environnement immédiat : la création de la faculté des métiers, des projets de licences professionnelles portés par des lycées proches mais avec dautres universités que la nôtre. Ces initiatives et ces projets font peser des menaces sur la dynamique de développement de notre université et de lIUT, sa recherche et un de ses axes majeurs, ses formations professionnelles.
Dans le même moment les batailles et les incertitudes sur lhôpital sud francilien freinent la mise en place dune nouvelle génération de recherche dans « Génopôle », ce qui risque de peser sur lattractivité de notre territoire et sa forte identité autour de la recherche en biologie et de ses applications en terme de santé publique.
Pourtant, notre jeune université est riche de nombreuses formations et de laboratoires actifs et reconnus tant à léchelon régional, national que international. Sa force, parce quelle est récente et en phase avec son environnement économique, réside précisément dans sa capacité à sadapter aux mutations de la recherche et à ses enjeux sociaux et, culturels.
Les deux points forts de son identité et de sa visibilité actuelles sont, dune part, lexcellence de sa recherche liées au génome et toutes les disciplines qui y concourent et, dautre part, la diversité et la qualité de ses formations professionnelles (en particulier lIUT, les IUP, lIIE
).
Cest de leur défense, de leur renforcement et de leur pérennité, que dépend lavenir de notre université à long terme, Toutes les énergies doivent converger aujourdhui vers cet objectif. Ensemble, nous devons affirmer laction motrice de notre université, tant en terme de recherche fondamentale quappliquée, leviers indissociables du développement économique, social et culturel de notre environnement territorial régional.
En renforçant de la sorte les missions essentielles de notre université, ses spécificités, cest lintérêt des étudiants que lon défend aussi, en même temps que la qualité du travail du personnel administratif et technique dont lengagement est exemplaire et mérite dêtre valorisé.
Après avoir rencontré un certain nombre denseignants-chercheurs, denseignants, de chercheurs, de personnels administratifs et techniques, des étudiants, ainsi que des personnalités extérieures des collectivités et de la recherche et tiré le bilan de ces dernières années, nous, élus de la liste « Ensemble pour une nouvelle ambition» vous proposons de construire ensemble un programme qui permette de conduire une politique ambitieuse de notre université : elle en a les moyens, elle doit en avoir lambition.
Propositions pour un service public de recherche et denseignement supérieur de qualité
La recherche : le premier atout de notre développement
Luniversité joue un rôle déterminant en matière de recherche en définissant les axes de recherche et en intervenant auprès de divers partenaires (EPST, EPIC, collectivités territoriales). Le Conseil Scientifique, dont les moyens et le rôle doivent être renforcés, devra dans le cadre du débat actuel sur la recherche être LE LIEU de réflexion et de propositions, en lien avec les UFR, de la politique scientifique et budgétaire de l'Université,
Il nous semble nécessaire de :
· Poursuivre le développement de la recherche en génomique : depuis la recherche en biologie de la cellule jusquà la robotique, en passant par linformatique, la modélisation, limagerie, la physique et la chimie appliquées au vivant
· Conforter les autres activités de recherche de luniversité, dans le cadre dune politique de recherche « coordonnée » avec les autres universités notamment celles du pôle sud île de France et/ou des politiques définies par les grands organismes de recherche (CEA, CNRS
).
· Renforcer la recherche technologique qui sert dappuis aux formations professionnelles secondaires et tertiaires et rechercher à en créer de nouvelles, à partir de coopérations locales et régionales, là où elle nexiste pas.
· Favoriser lémergence de nouveaux laboratoires ou de nouvelles équipes qui conforte lidentité de luniversité et/ou qui sinscrit dans le cadre dune recherche « coordonnée » avec dautres laboratoires.
· Soutenir de manière institutionnelle les liens de coopération amorcés dans différents secteurs
· Définir une politique de recrutement et de gestion des personnels favorisant les jeunes chercheurs et leur installation.
· Aider les équipes à la recherche de financements et les encourager dans leurs coopérations internationales.
Loffre de formation, lenseignement et la vie universitaire : une exigence de diversité de service public à développer
Adossées à la recherche, la pertinence et la qualité de loffre de formation doivent répondre à une exigence de service public. Celle-ci doit permettre de répondre aux divers besoins de formation des étudiants de notre bassin de recrutement dont le niveau social est dun niveau très sensiblement inférieur à celui de luniversité Paris 11. Nous devons sensibiliser notre organisme de tutelle et nos partenaires locaux au rôle d « ascenseur social » que joue notre université et des moyens humains et financiers spécifiques quelle doit mettre en uvre pour offrir à ses étudiants les moyens de réussir leurs études.
Il faut également veiller à offrir aux étudiants des formations à vocation régionale ou nationale liées aux secteurs les plus en pointe de notre potentiel de recherche local (FI et FC) afin de rendre « attractive » notre université. Il faut aussi sattacher à répondre aux besoins qui se développent en terme de « formation tout au long de la vie » des personnes engagées dans la vie professionnelle.
La mise en uvre du LMD et les nouvelles possibilités de validation dacquis nous donnent lopportunité délargir le champ de nos formations en ce domaine. Il nous semble, en particulier, indispensable de :
· Assurer des formations de qualité dans des filières qui sappuient sur une recherche fondamentale ou appliquée, des laboratoires reconnus ou des acteurs reconnus des secteurs professionnels,
· Développer les coopérations et les complémentarités avec nos partenaires industriels pour assurer un recrutement de qualité dans nos formations et offrir à tous nos étudiants une poursuite détudes et/ou une réorientation adaptée à leurs capacités et leurs souhaits.
· Veiller à la valorisation de nos diplômes auprès des étudiants et nos partenaires en sappuyant sur loffre de formation très large de notre université, dès le premier cycle.
· Renforcer les mesures pédagogiques (accompagnement, soutien, tutorat
) favorisant la réussite du plus grand nombre. Organiser une évaluation de ces dispositifs avec laide des éléments fournis par lobservatoire de la vie étudiante et en rendre compte devant la communauté universitaire.
· Achever la mise en place et lorganisation du LMD en portant une grande attention à larticulation pédagogique entre les filières « recherche » et « professionnelle » (IUT, Licence Pro, IUP, Masters Pro).
· Promouvoir les filières en apprentissage, la formation continue et la validation des acquis professionnels, domaines où lUEVE est déjà reconnue au niveau régional.
· Travailler avec les collectivités, le CROUS et les autres partenaires publics ou privés pour faire dEvry une véritable ville universitaire autour dun campus affirmé et réorganisé.
· Etre dès maintenant attentifs aux évolutions de lorganisation de la formation des maîtres résultant des dispositions de la loi Fillon qui transfert les IUFM aux universités.
Affirmer la notion de « campus universitaire »
Il faut achever la construction et la mise aux normes des bâtiments et préciser leur affectation en fonction de lévolution de luniversité, afin de la rendre plus « lisible » pour les étudiants et nos partenaires. Il sagit particulièrement :
· Du futur bâtiment de biologie et du bâtiment des sciences « Maupertuis ».
· De trouver un hébergement pérenne pour les laboratoires actuellement situés à Evry 2.
· De simpliquer fortement dans le projet de réaménagement des « Passages » (IUT et IIE).
· De trouver une solution à lhébergement provisoire de lantenne de lIUT à Athis-Mons.
· Davancer sur le dossier des infrastructures et des équipements sportifs.
· De traiter le problème de laménagement et de la réorganisation du bâtiment de la Poste.
· Agir en étroite collaboration avec la ville dEvry et la communauté dagglomération pour faire dEvry une ville universitaire.
· De sinscrire dès maintenant dans le prochain CPER (Contrat de Plan Etat Région)
Sappuyer sur les compétences des personnels IATOS
Le développement de notre université ne dépend pas seulement du dynamisme des enseignants mais aussi et surtout des personnels IATOS dont la compétence et le dynamisme sont peu reconnus et mal utilisés. Cest tous ensemble que les enseignants, les personnels IATOS et les étudiants doivent porter une nouvelle ambition pour notre université.
Créer un climat de confiance et de dialogue avec toutes les catégories de personnel et les étudiants
Luniversité nest pas la seule affaire des enseignants et des étudiants, les personnels techniques et administratifs jouent un rôle à part entière et sont parties prenantes des missions de recherche et de formation de luniversité ; leurs missions et compétences doivent être mieux reconnues et mises au service de la vie universitaire. Il est impératif de :
· Dialoguer régulièrement avec les représentants des personnels et des étudiants,
· Préciser les missions des divers responsables enseignants et administratifs dans les UFR et au sein de la direction de luniversité,
· Apporter un soin attentif à la gestion du personnel et aux promotions et être attentif aux situations particulières,
· Renforcer linformation directe et les temps de dialogue et de concertation de tous les personnels,
· Respecter tous les niveaux de responsabilité et veiller au fonctionnement démocratique à tous les échelons de luniversité,
· Doter de moyens supplémentaires, lobservatoire de la vie étudiante,
Achever la réorganisation financière et administrative de luniversité
La réorganisation administrative et financière de luniversité qui a commencé, doit être poursuivie et approfondie ; il devient urgent de redéfinir notre approche de la politique financière et de répartition interne. Il faut :
· Partir des besoins clairement débattus et étayés, en organisant laction sous toutes ses formes possibles avec les alliances externes les plus larges pour obtenir les moyens correspondant aux besoins définis.
· Redéfinir les procédures de répartition par une précision des critères dévaluation des propositions et dattribution. En précisant le rôle respectif de la commission des moyens et des conseils dans cette procédure et par une large information sur les enjeux, les débats et les conclusions.
· Engager dès maintenant linformation et la réflexion sur les conséquences de la mise en place de la LOLF.
· Responsabiliser les UFR en leur donnant les moyens de gérer les heures denseignements (statutaires et vacataires) des filières quelles pilotent, dans le cadre dune dotation globale dETD clairement définie par la direction de luniversité prenant en compte les effectifs réels des étudiants inscrits dans chaque UFR. et lévaporation massive dans certains premiers cycles. Définir des modalités dévaluation devant la communauté universitaire de lensemble des fonds confiés aux composantes.
· Créer une dotation budgétaire spécifique, sur une durée dun ou deux ans, permettant aux UFR douvrir de nouvelles filières même si le nombre détudiants est faible, mais dont la finalité est jugée pertinente au regard de la mise en place de notre offre de formation LMD,
· Mettre en place une organisation administrative et pédagogique cohérente et efficace avec la réforme LMD, en sappuyant sur les UFR et en impliquant les responsables des Licences et Master,
· Définir une stratégie de communication interne et externe de qualité qui valorise la diversité de notre offre de formation, la place prépondérante de nos filières professionnelles et notre potentiel de recherche. Permette aux collègues dêtre tenus informés régulièrement et directement des questions générales et de trouver rapidement les informations internes nécessaires à leur activité (circulaires et notes internes, toutes les informations diffusées aux responsables, les budgets de leurs formations et leur évolution, etc.). Lensemble de notre communication électronique interne et externe doit être revue,
· Renforcer la place dinfocentre pour mettre à disposition en interne et à lextérieur des données qui permettent le pilotage et la réflexion citoyenne sur létablissement.
En conclusion : donner une nouvelle ambition à notre université
Pour donner à notre université une nouvelle ambition, il faut, dans le contexte actuel de concurrence des universités, une mobilisation et un engagement de la direction de luniversité, des différents conseils et de tous ses acteurs. Face à la réorganisation de loffre de formation et de la recherche, de la logique de compétition des territoires et de moyens limités en provenance des organismes de tutelles, nous avons besoin :
· Dun dialogue argumenté et sans concession avec la tutelle : Ministère de lEducation Nationale et Direction de lEnseignement Supérieur
· Dapprofondir le dialogue et les coopérations avec les collectivités locales, les grands organismes de recherche, Génopôle, les autres établissements post-bac et le tissu économique en général,
· Daffirmer la place institutionnelle de notre Université dans lespace local et régional,
· De mobiliser les énergies pour la défense mais aussi le développement des intérêts collectifs.
Les élections aux trois conseils (Conseil dadministration, Conseil scientifique, Conseil des Études et de la Vie Universitaire) coïncident avec la mise en place du LMD et lélaboration du plan quadriennal. Il faut saisir cette chance pour donner « ensemble » une nouvelle ambition à notre université. Il faut également dépasser nos différends et faire converger le plus possible nos idéaux pour que notre université devienne un pôle attractif en terme de recherche et de formations, connectées avec les autres universités et les organismes de recherche.
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